Crise financière mondiale : nous y voilà !

Publié le par titof

Raphaël Anglade

Effondrement spectaculaire de la bourse hier. 17 % perdus depuis le 1e janvier. Rien à dire, nous sommes de nouveau devant une crise boursière mondiale, avec le spectre de la récession...

Encore une fois, les plus petits vont payer. Petits actionnaires qui vont se faire rincer. Salariés et employés qui vont subir un tour de vis justifié cette fois par la crise (avant, c’étaient des tours de vis justifiés par l’imminence de la crise, ou par le besoin d’augmenter la valeur pour l’actionnaire, de toutes façons, ce sont toujours des tours de vis).

Qu’en dire ce matin ?

D’abord, que cette crise était prévisible, et prévue.

Rien que Betapolitique l’avait annoncée à plusieurs reprises, par exemple Nicolas Véron dans ce texte de septembre 2007 ou même de janvier 2007 (2007, une année à risques). En juillet, Budgetor partageait son inquiétude sur la solidité des hypothèses de croissance fondant le budget de M. Fillon. En décembre dernier, Christian Sautter, dans Les trois crises de la finance mondiale, nous présentait les mécanismes qui opèrent aujourd’hui.

Plus généralement, nous avons couvert, depuis septembre 2007, cette crise des subprimes qui nous contamines aujourd’hui, par exemple dans l’article "La crise des subprimes n’est que la partie émergée de l’Iceberg", Subprimes à la française, ou encore Quand la Chine renfloue Wall Street.

Mais en fait tout le monde le savait, et je peux vous garantir que les plus puissants des financiers ont, depuis longtemps, pris leurs dispositions. Chers internautes, vous êtes, comme nous tous, coupables de vous ête laissés abuser par le théâtre d’ombres du sarkoshow (Cécilia Sarkozy et Carla Bruni en tête) et de ne pas avoir consacré assez d’énergie mentale à appréhender ces phénomènes. La consultation attentive des statistiques de visites par articles est à cet égard édifiante. Carla Bruni, c’est l’audimat garanti. La crise des subprimes, c’est le four.

Le grand désordre du monde

Ensuite, nous voudrions souligner que cette crise inéluctable est essentiellement due à la stupidité égoïste des grandes nations. Les Etats-Unis, qui vivent à crédit depuis des années, et profitent de leur puissance économique et militaire pour déséquilibrer la finance mondiale en comptant sur la bienveillance de la Chine qui, jusqu’à présent, a payé (a investi, a acquis des actifs américains) pour maintenir l’équilibre de la finance mondiale. La Chine et quelques autres puissances émergentes qui, les yeux rivés sur leur croissance, ont un comportement prédateur et irresponsable. l’Europe, qui s’obstine sous la houlette de M. Trichet à maintenir un comportement verteux et de se fait se lie une main dans le dos dans un monde sans foi ni règles.

Tout le monde le savait mais personne n’a pu s’entendre.

L’aveuglement de M. Sarkozy

Ramenée à la situation française, cette situation est aggravée par l’aveuglement de Sarkozy et de son équipe... Par idéologie "libérale" (tellement peu libérale, en fait), par arrogance (persuadés qu’ils étaient que leur seule arrivée au pouvoir allait relancer la dynamique de croissance), l’équipe de Sarkozy, tablant sur une forte croissance, a dilapidé ses marges de manœuvres en cadeaux fiscaux aux plus riches. Aujourd’hui, comme l’a dit Sarkozy lors de ses vœux, "les caisses sont vides". Mais qui les a vidées ?

Pensez-y lorsque vous passerez devant les longues files d’attente de la soupe populaire. Il y a un lien direct entre l’investissement hasardeux de notre Président et la misère croissante dans nos rues. Et ce n’est pas une image.

Réformer la culture de gauche.

Enfin, parmi tant de leçons que nous devrions tirer de cette nouvelle crise financière (il faudra se demander par exemple pourquoi à chaque sortie de crise, nous mettons deux ans à embrayer sur les Etats-Unis et pourquoi la récession suivante nous frappe juste au moment où ça commence à rémir), demandons-nous pourquoi la gauche est si indifférente à ces questions. Oh, je ne parle pas de notre gauche technocrate et gestionnaire, qui ne pense qu’à ça, pour sa part, au risque de perdre de vue la question sociale. je parle de la gauche politique, celle avec qui je partage la conviction qu’on juge un pays sur le sort qu’il réserve aux plus défavorisés. Cette gauche là doit réussir à faire de ces questions techniques une matière politique. A intéresser les salariés, les retraités, les défavorisés à ces questions.

Sinon, nous continuerons à cultiver nos plates-bandes mais à subir la tectonique des plaques.

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