Commission Libye: Moscovici s'abstiendra en raison de l'absence de Cécilia Sarkozy

Publié le par titof

PARIS (AFP) - Pierre Moscovici (PS), président de la commission d'enquête parlementaire sur les conditions de la libération des soignants bulgares de Libye, a indiqué mardi qu'il ne voterait pas le rapport de cette commission à cause "du scandale" de la non-venue de Cécilia Sarkozy.

"Je ne le voterai pas, je m'abstiendrai", a déclaré M. Moscovici sur RTL. "D'un côté je suis très heureux du déroulement de cette commission, la première de l'histoire de la Ve République dans le domaine des Affaires étrangères (...) mais je pense qu'il y a un scandale", a ajouté le député socialiste.

"Le scandale c'est la non comparution de Cécilia Sarkozy" qui a été "l'acteur essentiel" de cette libération.

"Tous les témoins qui viennent- le secrétaire général (de l'Elysée, Claude Guéant, ndlr), le conseiller diplomatique (du président), les ministres - nous disent : +elle a joué un rôle décisif+ et au moment où nous demandons sa comparution, son témoignage pour savoir ce qui s'est passé, l'UMP me dit non, probablement sur ordre de l'Elysée", a déploré le député du Doubs.

"Ce n'est pas un scandale en soi, je ne pense pas qu'elle avait des choses considérables à nous révéler, mais c'est un scandale démocratique. Une commission d'enquête a des pouvoirs, on ne peut pas lui mettre des bâtons dans les roues", a-t-il expliqué, estimant que le rôle des parlementaires est "de contrôler l'exécutif, pas d'être le petit doigt sur la couture du pantalon".

Le rapport de la commission devrait être voté mardi par la commission composée de trente membres, dont une majorité de députés UMP qui avaient voté contre la comparution de Mme Sarkozy.

L'Elysée s'était opposé à l'audition de Cécilia Sarkozy, arguant de "la séparation des pouvoirs". Le couple Sarkozy a depuis divorcé.

La polémique sur le rôle de Cécilia Sarkozy a rebondi début janvier avec la publication d'un livre dans lequel deux journalistes, Michaël Darmon et Yves Derai, affirment qu'elle a mené en Libye une véritable "opération commando" pour faire libérer les soignants. Cette version a été démentie par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui accompagnait Mme Sarkozy à Tripoli, et par deux des infirmières.

M. Moscovici a évoqué trois autres raisons pour lesquelles il s'abstiendrait lors du vote sur le rapport. Selon lui, le rapporteur de la commission, l'UMP Axel Poniatowski, "ne met pas assez l'accent sur ce qu'a fait l'Union européenne", "estime que le Qatar a joué un rôle philanthropique en excluant toute idée de rançon" que l'émirat aurait financé, et refuse d'admettre que le "deal" pour la libération était le feu vert pour une visite du leader libyen Mouammar Kadhafi en France, qui a eu lieu en décembre.

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