Crise financière : Hollande demande un débat au Parlement

Publié le par titof

PARIS (AFP) - Le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a demandé mardi un débat "très rapidement" au Parlement sur les conséquences de la crise financière sur l'économie française.

"Je demande qu'il y ait un débat au Parlement très rapidement, avant les élections municipales (9 et 16 mars, ndlr), pour qu'on révise les hypothèses qui ont fondé la loi de finances aujourd'hui totalement décalée par rapport à la réalité" et pour qu'"on en mesure les conséquences pour les Français", a-t-il dit à Paris à l'issue du 3e comité de liaison de la gauche, qui réunit les chefs des partis de cinq formations d'opposition.

"Il faut qu'il y ait rectification d'un certain nombre des choix macro-économiques parce qu'on voit bien qu'on ne peut rester sans réaction par rapport à ce qui vient de se produire", a-t-il ajouté au lendemain du krach boursier mondial sans précédent depuis le 11 septembre 2001.

"Il faut éviter la répercussion de la crise sur les établissements bancaires, sur le coût du crédit et éviter les conséquences néfastes sur le pouvoir d'achat", a-t-il ajouté.

"Depuis plusieurs mois une crise financière est à l'oeuvre et provoque comme changement d'hypothèse économique une croissance plus faible et des déficits sans doute plus lourds", a encore dit le premier secrétaire.

Ce débat est nécessaire "pour faire des propositions, gouvernement comme opposition" sur la bonne manière de réagir, a-t-il ajouté.

Interrogé sur le rapport Attali, le leader socialiste a estimé que ce dernier "ne lui paraît pas à la hauteur de la situation". "Aujourd'hui, ce n'est pas d'un rapport que peut venir le salut", il faut une "réaction très vive des autorités européennes et notamment de la Banque centrale européenne", une "stratégie économique du gouvernement français et du président de la République, or il donne l'impression de godiller depuis plusieurs mois", a-t-il ajouté.

Pour François Hollande, "le problème majeur aujourd'hui, c'est un problème de confiance et de crédibilité", a-t-il estimé. Il faut "rétablir la confiance" par des actes. "Le premier acte, ce doit être "une réaction des autorités européennes et un changement de politique économique et sociale dans notre pays".

"Quand j'entends (la ministre de l'Economie) Mme Lagarde dire qu'il n'y a pas de conséquences sur l'économie française, c'est qu'elle n'a pas compris, pas seulement elle mais aussi le président de la République, la gravité de ce qui arrive, qui n'est pas simplement un choc extérieur mais aussi une crise intérieure", a aussi dit M. Hollande.

Interrogée mardi sur les possibles risques de contagion d'une récession américaine à l'Europe, Christine Lagarde a répondu que "l'économie européenne, en particulier au sein de l'Eurogroupe, est fondamentalement différente de l'économie américaine".

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