Service minimum dans les écoles jeudi : les mairies de gauche disent non

Publié le par titof

PARIS (AFP) - A moins de deux mois des municipales, les mairies de gauche refusent d'organiser le service minimum dans les écoles pour la grève des fonctionnaires jeudi, alors qu'environ "2.000 villes" vont "expérimenter" cet accueil des élèves, selon le ministre de l'Education Xavier Darcos.

Le dispositif, annoncé début janvier, consiste à rémunérer des agents municipaux (personnels des centres de loisirs notamment) pour qu'ils gardent les enfants les jours de grève. Les retenues sur les salaires des grévistes doivent permettre de compenser financièrement les mairies.

"A peu près 2.000 villes", soit 10% des communes disposant d'écoles primaires, tenteront l'expérience, a indiqué mercredi Xavier Darcos. Selon lui, aucune mairie dirigée par le PS n'a voulu signer de convention en ce sens avec son rectorat.

Alors que la campagne des municipales bat son plein, le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS), qui brigue sa propre succession, a été en pointe dans l'opposition au gouvernement sur ce dossier. "Nous ne pouvons pas demander aux fonctionnaires municipaux de casser la grève de fonctionnaires nationaux", a-t-il fait valoir.

Le maire socialiste de Chambéry, Bernadette Laclais, a de son côté démenti "fermement" les propos du ministre, qui avait affirmé que cette ville compterait parmi les communes "volontaires".

Les municipalités communistes n'ont pas été en reste, particulièrement en banlieue parisienne. "Encore une fois, l'Etat employeur se défausse de ses responsabilités sur les communes", a accusé la mairie PCF de Stains.

Dans le nord, par exemple, le partage est clair : les grandes villes de gauche comme Lille, Roubaix, Tourcoing et Dunkerque (Nord), Lens ou Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) ne mettront pas en place ce système, contrairement à celles de droite comme Amiens (Somme), Compiègne et Beauvais (Oise), Arras (Pas-de-Calais) ou Châlons-en-Champagne (Marne).

A Châlons-en-Champagne, la mairie fera ainsi "appel à ses agents" sous forme de "brigades volantes" pour répondre aux besoins dans les 34 écoles de la ville, a expliqué le cabinet du maire UMP Bruno Bourg-Broc.

Dans les Hauts-de-Seine, fief du président Nicolas Sarkozy, 21 des 36 villes du département se sont portées volontaires. Toutes sont dirigées par un élu UMP ou Nouveau centre. Certaines, comme Boulogne-Billancourt, avaient déjà mis en place un tel dispositif.

Cependant, certaines municipalités UMP ont fait savoir qu'elles se contenteraient d'un service minimum limité, voire qu'elles n'en organiseraient pas du tout, en invoquant un manque de temps ou des problèmes d'organisation.

Ainsi, à Marseille, le "service minimum d'accueil" sera testé dans une dizaine d'établissements seulement, sur un total de 465 écoles élémentaires et maternelles.

A Saint-Etienne, si le maire Michel Thiollière (UMP-Radical), soutient l'initiative du ministre de l'Education, il ne pourra l'appliquer jeudi, faute d'un délai suffisant.

Quant à Bordeaux, où l'ex-Premier ministre Alain Juppé veut se succéder à lui-même, elle ne sera pas non plus au rendez-vous. A l'Hôtel de ville, on prévoit un fonctionnement habituel : enfants pris en charge par les enseignants non-grévistes dans les écoles et repas du midi assurés.

Xavier Darcos n'a toutefois pas voulu s'en offusquer. "Vu l'ampleur de la ville, ils n'étaient pas prêts", a-t-il expliqué.

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