Moindre mobilisation des fonctionnaires sauf chez les profs

Publié le par titof

PARIS (Reuters) - Les fonctionnaires se sont mis en grève jeudi pour la seconde fois en deux mois mais le mouvement a été globalement moins suivi qu'en novembre, sauf dans l'Education nationale, où les syndicats ont fait état de plus de 50% de grévistes.

La grève avait été lancée à  l'appel de sept fédérations syndicales pour obtenir des augmentations de salaires et contester les 22.900 suppressions de postes prévues cette année.

La journée a été ponctuée par une série de manifestations à  travers la France, qui ont été également de moindre ampleur que celles de novembre.

Les dirigeants syndicaux ont fait valoir pour expliquer cette mobilisation en recul que cheminots, traminots, électriciens et gaziers étaient descendus dans la rue aux cotés des fonctionnaires d'Etat il y a deux mois.

A Paris, de 17.000 à  35.000 personnes ont défilé selon les sources alors que les syndicats en avaient dénombré 70.000 au soir du 20 novembre. L'Unef, principal syndicat étudiant, a avancé le chiffre de 400.000 manifestants dans toute la France, contre 700.000 en novembre.

Pour le ministre de la Fonction publique, Eric Woerth, dont les services ont fait état de 24,78% de grévistes toutes administrations confondues en fin de journée, cette mobilisation est "très inférieure" à  celle de novembre.

Hors Education nationale, la mobilisation s'établit selon le ministère du Budget et de la Fonction publique à  14,75%.

Le ministère de l'Education nationale parle de son côté d'une participation oscillant entre 37 et 38% à  l'école, dans les collèges et les lycées.

Selon le Snes, principal syndicat d'enseignants dans le second degré, le taux de grévistes a atteint pourtant 55% dans les collèges et les lycées soit "une mobilisation d'ampleur comparable à  celle du 20 novembre".

"Le gouvernement doit dès aujourd'hui prendre la mesure de la colère des personnels au lieu de se gausser des raisons de la grève", dit le syndicat dans un communiqué.

 

"GREVE INUTILE"

Eric Woerth, qui a déploré une grève "totalement inutile", a invité les syndicats à  poursuivre les "discussions sur les salaires et traitements" le 18 février, repoussant une réunion annoncée initialement pour la mi-janvier.

A l'Elysée, le porte parole du président Nicolas Sarkozy a déclaré que "le gouvernement prend acte de ce mouvement qui ne porte pas atteinte et ne remet pas en cause les discussions qui sont engagées pour moderniser la fonction publique".

Les syndicats grévistes se plaignent d'une baisse du pouvoir d'achat "depuis plusieurs années" et demandent une augmentation générale des salaires à  travers une revalorisation du point d'indice qui sert de base à  leur calcul.

Eric Woerth a confirmé, à  la fois sur LCI et sur RTL, que le point d'indice serait augmenté cette année, sans plus de détails mais qu'il n'était pas question de revenir sur la suppression de 22.900 postes prévue cette année.

"Pour l'instant, la situation est bloquée", a dénoncé Bernard Thibault sur France Inter, déplorant le "raisonnement mathématique, financier" du gouvernement.

"On ne peut pas laisser croire à  la population qu'on va supprimer autant de fonctionnaires sans que ça ait d'impact sur la qualité des services publics", a souligné le secrétaire général de la CGT.

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, la principale organisation syndicale de fonctionnaires, a pour sa part déploré que le gouvernement considère aujourd'hui "la grève comme une sorte de calamité naturelle qui revient régulièrement".

"C'est refuser de voir la réalité et refuser de prendre ses responsabilités", a-t-il dit sur i-Télé.

SERVICE MINIMUM, LE DÉBAT QUI CACHE LA GRÉVE?

Expérimenté pour la première fois dans un peu plus de 2.000 communes, selon les chiffres du ministère de l'Education nationale, le service minimum a focalisé une partie du débat de la journée.

Pour Gérard Aschieri, c'était d'ailleurs le but du gouvernement. "C'est une manœuvre politicienne, pour mettre les maires dans l'embarras avant les municipales et ne pas parler des vraies raisons de la grève", a-t-il déclaré sur i-Télé.

Les syndicats accusent le gouvernement d'attenter au droit de grève en demandant aux maires d'ouvrir les écoles pour accueillir les élèves. "Absolument pas", a déclaré le porte-parole de l'Elysée.

"Les enseignants qui décident de faire grève le font. Ce service minimum n'est pas un service minimum d'enseignement, mais d'accueil", a ajouté David Martinon, précisant que Nicolas Sarkozy s'était réjoui que "tant de communes aient fait ce choix dans l'intérêt des élèves et de leurs parents".

"On a inventé le service de garderie nationale", a raillé Bernard Thibault.

Les sept fédérations syndicales qui avaient appelé à  la grève représentant cinq millions de fonctionnaires. Force ouvrière et la CFTC avaient invité les salariés du privé à  participer à  cette journée de mobilisation.

Trois syndicats appellent à  la grève dans la grande distribution le 1er février et la CGT Air France-KLM (AF) a annoncé un appel au débrayage pour le 31 janvier.

Laure Bretton

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