P. GOT: SITUATION DE L’USINE FORD EN GIRONDE

Publié le par titof

Question orale au gouvernement le 22 janvier 08.

Mme Pascale Got – Je souhaite appeler, une nouvelle fois, l’attention de Mme Lagarde sur les risques toujours croissants de fermeture de l’usine Ford située à Blanquefort, en Gironde. Depuis ma dernière rencontre avec la ministre de l’économie, les mauvaises nouvelles se sont accumulées. Ainsi, la fin de la production de la boîte de vitesse actuellement fabriquée n’est plus fixée à 2010 mais à 2009 : autant dire demain pour les 2 000 salariés et leurs familles, les 15 000 emplois induits et l'économie de toute une région.

Face à une catastrophe annoncée, le Gouvernement doit réagir, et réagir vite. Il ne peut laisser les directions de Ford Monde et de Ford Europe glisser inexorablement vers la fermeture de l’usine de Blanquefort. En accord avec les représentants syndicaux, je demande donc expressément à la ministre la nomination d'un « Monsieur Ford » au plus haut niveau, travaillant à ce seul dossier et chargé de rechercher impérativement des solutions permettant le maintien des emplois sur le site. Le Gouvernement avait su se mobiliser contre la fermeture de la SOGERMA ; qu'il fasse de même pour Ford !

Il doit aussi exiger de la direction du groupe le lancement immédiat d'un plan de recherche de nouveaux processus de production sur le site, qui a un fort potentiel technologique et des salariés très qualifiés. N'attendons pas 2009, comme le veut Ford, pour nous engager dans cette voie : ce sera trop tard. Le Gouvernement doit aussi nous dire quel est le cahier des charges de l'agence qui serait désignée ; permettez-moi, à ce sujet, d’appeler l’attention sur les inconvénients de la superposition des structures.

Nous attendons enfin du Gouvernement qu’il nous dise précisément les mesures qu’il compte prendre et selon quel calendrier.

M. Éric Besson, secrétaire d’État chargé de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques – Mme Lagarde, empêchée, vous prie d’excuser son absence. Elle m’a demandé de vous répondre en son nom. Ford Aquitaine Industrie subit les effets de la baisse du volume de production liée à la perte des parts de marché de Ford aux États-Unis et à l’arrêt de la production de la boîte automatique à cinq vitesses. Mme Lagarde partageant l’inquiétude des salariés et des élus, le Gouvernement s’est mobilisé en faveur du maintien de l’emploi et un groupe de travail a été installé il y a six mois qui associe des représentants de Ford, de l’État et de l’Agence aquitaine de développement industriel. Des pistes ont été évoquées, qui doivent encore être précisées. D’évidence, les représentants de Ford doivent s’investir dans la recherche de solutions pérennes. Le 5 février, la ministre vous recevra à nouveau, ainsi que les organisations syndicales et la direction de Ford. À cette occasion, elle rappellera à l’entreprise sa responsabilité sociale et l’importance de trouver des solutions. Déjà, elle a demandé à l’AFII de définir avec Ford un plan de contractualisation visant à renforcer l’attrait du site et à rechercher des investisseurs étrangers.

Mme Pascale Got – J’ai pris note de votre réponse, Monsieur le ministre, mais elle tient du constat plus que d’autre chose. Or, dans la course contre la montre qui est engagée, du retard a déjà été pris. J’ajoute qu’au moment où le Gouvernement dit vouloir encourager le travail des seniors, il serait malvenu de se laisser entraîner dans les calculs stratégiques de Ford, sachant qu’en 2009, plus de 900 salariés de l’usine de Blanquefort seront âgés de plus de 50 ans. Je le redis, il y a urgence, et ce dossier doit être traité avec plus de dynamisme.


Il faut noter le cynisme du gouvernement et nous constatons l'impréparation de ce gouvernement sur un problème qui va toucher tout le Médoc 

Si cela ne concernait pas plus 2000 personnes, la réponse de Besson/Lagarde serait à mourir de rire.

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