Société Générale: le trader Jérôme Kerviel en garde à vue à la brigade financière

Publié le par titof

PARIS (AFP) - Jérôme Kerviel, le trader mis en cause dans la "fraude" dont aurait été victime la Société Générale, a été placé samedi en garde à vue dans les locaux de la brigade financière à Paris, où il était toujours entendu dans la soirée par les policiers chargés de l'enquête.

Jean-Michel Aldebert, chef de section financière au parquet de Paris, a déclaré à la presse peu avant 21H00 que le trader de 31 ans s'était "présenté spontanément aux services de police. Il est toujours en garde à vue. Il collabore et est prêt à s'expliquer".

Les services du parquet "repasseront demain (dimanche) pour faire un point de la situation", a-t-il ajouté.

M. Kerviel, soupçonné d'avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à la Société Générale, a été placé sous le régime de la garde à vue peu après son arrivée vers 14H00 à la Brigade financière (XIIIe).

La procédure prévoit que le parquet, qui centralise les plaintes, se prononce à l'issue de 24 heures de garde à vue, soit avant 14H00 dimanche, sur une prolongation éventuelle de celle-ci pour 24 heures de plus au maximum.

Le parquet de Paris, du fait de sa compétence de juridiction interrégionale spécialisée, est saisi actuellement de deux plaintes.

La première contre X a été déposée jeudi matin au nom d'un petit porteur pour "escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux, complicité et recel" et a conduit à l'ouverture d'une enquête préliminaire, confiée à la brigade financière.

La seconde a été déposée par la Société Générale contre M. Kerviel pour "faux et usage de faux" et "atteinte au système de traitement automatisé des données".

La garde à vue de M. Kerviel est intervenue au lendemain d'une perquisition des enquêteurs de la Brigade financière à son domicile de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Les policiers ont emporté des documents, peu dignes d'intérêt selon une source proche du dossier.

Selon des voisins, le trader n'a pas été vu depuis plusieurs semaines, certains évoquant une sous-location à un couple.

Les policiers se sont également rendus vendredi au siège administratif de la Société Générale à La Défense (Hauts-de-Seine) où "des pièces utiles à l'enquête" leur ont été remises volontairement, selon le parquet.

Alors que les explications de la banque sur ses pertes colossales ont suscité l'incrédulité voire les critiques, le PDG Daniel Bouton s'est défendu samedi dans un entretien au Figaro.

Il a réfuté notamment toute dissimulation: "Ce qui est arrivé à la Société Générale n'a rien à voir avec une catastrophe qui aurait été le fait de notre stratégie. Cela s'apparente à un incendie volontaire, qui aurait détruit une grosse usine d'un groupe industriel".

Il a rejeté l'hypothèse d'avoir "transféré dans un trou nouveau des pertes provenant d'un autre trou", en l'occurrence celui généré par la crise financière internationale. "Cela, a-t-il souligné, ne tient pas debout, ni techniquement ni comptablement."

Il a aussi démenti la responsabilité de la banque dans la chute des marchés financiers en début de semaine, ainsi que dans la décision mardi de la Réserve fédérale américaine (Fed) d'abaisser son principal taux directeur de 0,75 point.

Les plus hautes autorités de l'Etat, de Nicolas Sarkozy à François Fillon en passant par le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, se sont employées vendredi et samedi à rassurer.

Samedi en Inde, où il était en visite d'Etat, M. Sarkozy a plaidé pour une meilleure "transparence" des marchés financiers, estimant qu'ils devraient favoriser les entrepreneurs plutôt que les spéculateurs.

"Il faut arrêter avec un système financier qui marche sur la tête et qui perd de vue sa finalité", a-t-il ajouté.

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