Sarkozy un pleutre ?

Publié le par titof

Un article de http://www.sudouest.com/ qu'il serait dommage de ne pas lire.

Sud-Ouest

Vent de panique. Alors que le président se montre disert face aux caméras, un vent de panique souffle sur le staff élyséen. « On a une demi-heure dans le nez, on va tout faire ici », lâche David Martinon, le porte-parole de la présidence. Un gros retard suffirait-il à expliquer le bouleversement de la visite ? Pas certain, car au même moment, le maire de Pau, Yves Urieta essuie les lazzis de la foule massée derrière les barrières. sur le parvis de la mairie. Un accueil pas franchement chaleureux. Il semble que les conseillers de la présidence aient redouté une bronca pour un président en pleine phase de retour « aux fondamentaux du terrain ». Résultat, l'étape de la mairie a été tout simplement rayée de la liste.

« Vous êtes sûr, il ne viendra pas ? Ce n'est pas possible ? » 14 h 15, hier, place Royale à Pau. L'incrédulité se lit sur les visages. Mais il faut se rendre à l'évidence : le président de la République, en visite officielle à Pau, ne franchira pas le perron de l'hôtel de ville aujourd'hui. Réception annulée. Et pour cause, 14 h 15, c'est à peu près l'heure à laquelle décollait son avion pour Paris et d'autres aventures beaucoup moins béarnaises. Difficile à avaler pour Jacqueline, 70 ans, venue spécialement de Tarbes. La dame âgée peine alors encore à lâcher la barrière de sécurité qu'elle colle depuis trois bonnes heures dans l'espoir d'apercevoir Nicolas Sarkozy. « C'est le président ? J'avais envie de le voir ! »

Rien d'insurrectionnel. Pour applaudir le président, le conspuer ou seulement, le voir, environ 400 personnes ont bravé la pluie et le filtrage policier de l'hyper-centre. Dans une ambiance qui n'avait rien à voir avec la visite du président Valéry Giscard d'Estaing, à la fin des années 70, ponctuée de jets de fruits et légumes ayant nettement dépassé la date limite de consommation. Hier, aux cris « Sarkozy, démission ! » répondaient les « houuuu ! houuu ! » désapprobateurs d'usage. Les « manifestants » patentés, réunis à l'appel d'Anaram au Patac du Parti communiste et Parti socialiste, étant tenus à distance - sans heurts - par les forces de l'ordre, de l'autre côté de la place Royale. Rien d'insurrectionnel. Pas de quoi en tout cas, a priori, faire reculer un président de la République (lire ci-dessous). Dès 13 heures, pourtant, tous les élus présents étaient au garde-à-vous dans les courants d'airs froids du hall de l'hôtel de ville pour accueillir l'hôte d'honneur ! Selon un protocole strict imposé par l'Élysée. Une exigence : adjoints et conseillers municipaux, tout le monde en rang, par ordre hiérarchique ! Aux côtés du maire (et de son épouse), étaient ainsi alignés, Laure Pareilh-Peyrou, Albert Bègue, Michel Sainte-Cluque, Jeanine Alliez-Chiros, Patricia Wolf, Gérard Pierrou, Alain Arraou, Gilbert Voiement, Jean-Marie Vilanova, Françoise Taupiac, Jacqueline Ticolat, Denise Bergez, Jacqueline Decaudin, le communiste en rupture avec le parti Sylvano Marian et l'UMP Jean-Pierre Casty - qui s'avoue « candidat » à figurer sur la liste Urieta aux municipales, aux côtés de Jean-Jacques Lesgourgues, voire de Jean Gougy.

Un manteau d'urgence ! Des conseillers municipaux pas mieux informés que le public situé dehors durant la longue phase d'attente. D'ailleurs, la plupart n'ont pu que constater, vers 13 h 20, que le maire et son épouse venaient de filer par la porte du théâtre Saint-Louis, après un coup de fil urgent des services de l'Élysée, pour rejoindre Nicolas Sarkozy à la préfecture. Yves Urieta s'est trouvé à ce point pris au dépourvu - sur le plan vestimentaire tout au moins -, qu'il dut emprunter le manteau d'un de ses amis présent dans le péristyle pour affronter la pluie à pied !

Tout le monde en rang, par ordre hiérarchique !

À son arrivée, changement de cap : une voiture officielle l'embarque. L'entrevue aura finalement lieu à la gendarmerie ! « Moi, j'ai suivi » explique Yves Urieta. Bien sûr, je suis déçu pour les conseillers municipaux et les Palois qui sont venus à l'hôtel de ville et n'ont pas pu voir le président. »

« Je suis un peu déçu, oui ». Des élus pour certains assez amers en effet. « Sarko nous a posé un lapin ! » constate à voix haute la conseillère municipale Patricia Wolf, venue dans le seul espoir de lui remettre en mains propres un petit courrier susceptible de régler un imbroglio administratif personnel. « Oui, je suis un peu déçu qu'il ne vienne pas honorer notre mairie, même s'il a honoré notre maire en le rencontrant » lâche l'écologiste Alain Arraou. « Je ne lui en veux pas, mais je regrette qu'il ne soit pas venu jusqu'à nous. J'aurais aimé le voir » reconnaît pour sa part Jacqueline Decaudin. 14 h 15, les barrages de police ne retiennent plus les employés de la mairie. Chacun a repris son poste et Laure Pareilh-Peyrou, première adjointe, en particulier. Une élue de 82 ans s'était démenée pour que le maire puisse offrir une lithographie d'Henri IV, datant du XVIIIe au président en guise de cadeau de bienvenue à la mairie. Mais, faute de Sarkozy, pas de cadeau. La prochaine fois, peut-être ?

Alain Babaud - Sud-Ouest -Béarn

http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=93919

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