Société Générale: garde à vue prolongée pour Kerviel, enquête "fructueuse"

Publié le par titof

PARIS (AFP) - La garde à vue de Jérôme Kerviel, le trader accusé par la Société Générale d'une "fraude" record de 4,9 milliards d'euros à son encontre, a été prolongée dimanche pour 24 heures et l'enquête progresse de façon "extrêmement fructueuse" selon le parquet.

Evénement

La Société Générale a en outre affirmé dimanche après-midi que les positions frauduleuses prises par ce courtier de 31 ans atteignaient "environ 50 milliards d'euros" avant que la banque ne puisse ramener sa perte finale à 4,9 milliards d'euros.

La garde à vue de Jérôme Kerviel, entamée samedi peu avant 14H00 dans les locaux parisiens de la brigade financière, a été prolongée de 24 heures dimanche en début d'après-midi.

A l'issue de ces 48 heures, le courtier sera soit remis en liberté, soit présenté au parquet de Paris, qui pourrait alors ouvrir une information judiciaire et transmettre le dossier à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen (inculpation).

"On en saura plus demain matin" lundi, a déclaré à la presse le chef de la section financière du parquet de Paris, Jean-Michel Aldebert.

M. Aldebert, qui s'exprimait devant une cohue indescriptible de journalistes massés devant l'immeuble de la brigade financière, a précisé que M. Kerviel a affirmé aux enquêteurs "qu'il était bien" physiquement et psychologiquement et "(a apporté) des éléments très intéressants". Son avocate a pu le voir dimanche matin à la 20e heure de garde à vue.

"Cela se passe bien, l'enquête menée par les spécialistes de la brigade financière est extrêmement fructueuse", a insisté le magistrat.

Les enquêteurs interrogent M. Kerviel sur la manière dont il a contourné les multiples protections de la banque, pour savoir s'il a agi seul, et sur ses motivations. La possibilité qu'il soit un "hacker" (pirate informatique) est envisagée, selon des sources proches du dossier.

"Il a accepté de s'expliquer sur la plainte déposée contre lui par la Société Générale", pour "faux et usage de faux" et "atteinte au système de traitement automatisé des données", a souligné Jean-Michel Aldebert.

Un autre plainte a été déposée au nom d'un petit porteur pour "escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux, complicité et recel".

La Société Générale a de son côté expliqué, dans un communiqué, que "la position frauduleuse découverte le dimanche 20 janvier (s'élevait) à environ 50 milliards d'euros" que la banque a liquidée dans l'urgence. La perte finale a été ramenée à 4,9 milliards d'euros.

Alors que les explications de la banque sur ses pertes colossales ont suscité l'incrédulité voire les critiques, le PDG Daniel Bouton avait réfuté samedi toute dissimulation.

Dimanche, un dirigeant de la banque a réaffirmé que "rien à ce stade ne (permettait) de penser" que le trader mis en cause avait "bénéficié de complicités tant internes qu'externes" même s'il ne pouvait pas l'"assurer à 100%".

La garde à vue de Jérôme Kerviel, dont la police et la banque ont toujours su où il se trouvait selon une source proche du dossier, est intervenue au lendemain d'une perquisition à son domicile de Neuilly-sur-Seine, près de Paris, et d'une remise de documents informatiques aux policiers par la Société Générale.

Depuis New Dehli où il achevait une visite officielle, le président Nicolas Sarkozy a fustigé "un système financier qui marche sur la tête et qui perd de vue sa finalité", et permet de réaliser "des profits gigantesques" et des "pertes gigantesques en quelques heures".

Dimanche, le socialiste Pierre Moscovici a estimé que "la responsabilité" de M. Bouton était "engagée" et qu'il n'y "échappera pas".

Plusieurs auditions de responsables du secteur financier sont prévues mercredi au Sénat.

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