Ségolène Royal pousse les feux d'une candidature à la tête du PS

Publié le par titof

PARIS (AFP) - Portée par des sondages favorables, retrouvant la ferveur de sa campagne présidentielle et une audience confortée par les difficultés de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal pousse les feux d'une candidature de plus en plus affirmée à la direction du PS.

Si la gauche "a besoin d'un leader" et si elle "peut être celle-là", elle "prendra ses responsabilités", a déclaré dimanche sur France 2 l'ex-candidate à l'Elysée.

Ce besoin de leadership, elle l'entend exprimer "de plus en plus" autour d'elle.

Tout en gardant le mode conditionnel, elle est ainsi allée plus loin que début janvier quand elle s'était dit prête à "aller jusqu'au bout de ce qu'(elle) avait entamé" dans la campagne présidentielle "pour rénover la gauche".

"Dans tous ses propos, elle montre qu'elle est dans une démarche qui peut la conduire" à briguer ce leadership, "si les idées avancent, si le rassemblement est possible", résumait dimanche à l'AFP Jean-Louis Bianco.

"Mais elle n'a rien décidé", selon le député, de retour de Florence où il l'avait accompagnée à une réunion du Parti démocrate italien (centre gauche).

Mme Royal a lancé aux sympathisants de ce mouvement neuf, qui, selon M. Bianco, l'ont ovationnée: "vous vous êtes donné un leader charismatique et populaire comme Walter Veltroni (ndlr: maire de Rome) et cela vous donne de nouvelles raisons d'espérer".

"Le PS a besoin d'un leader dès maintenant, pas d'un premier secrétaire de transition", a fait valoir M. Bianco, répondant aux socialistes qui voudraient découpler 2008, année de congrès PS, et 2012, année présidentielle.

A l'ex-sherpa de François Mitterrand, Jacques Attali, pour qui "c'est l'opinion publique qui dira si elle peut prendre le parti, et pas le parti qui dira si elle peut prendre l'opinion publique", M. Bianco rétorque qu'il ne s'agit pas de contourner le parti, mais "de le renouveler, le rendre attractif".

La présidente de Poitou-Charentes a fait son nouveau petit pas dans "Vivement dimanche", émission devenu rendez-vous politique obligé où les dirigeants délivrent leur message entre deux confidences et trois chansons.

Vêtue de noir, souriante, portant des escarpins offerts en décembre par les ouvrières de Charles Jourdan menacées dans leur emploi, Ségolène Royal a joué le jeu.

Elle s'est confiée avec une franchise inédite sur sa séparation d'avec le numéro un socialiste François Hollande, après 25 ans de vie commune.

Oui, elle a été "trompée", oui, elle a souffert, oui, elle est "libérée", et bonne chance à celui qui fut son compagnon.

Mme Royal a aussi montré avec fierté des charentaises new-look fabriquées dans la région qu'elle préside, tradition qu'elle a voulu préserver de la délocalisation.

Samedi, elle avait pris la parole devant les militants parisiens de son association "Désirs d'avenir", nombreux à l'écouter dénoncer une "connivence" entre haute finance et pouvoir.

Combative sur la Société générale ou l'Erika, et surtout contre Nicolas Sarkozy "qui se prend pour Louis XIV", Mme Royal se plait aussi à faire entendre sa différence: en accueillant sans hostilité le rapport Attali, en voulant "déculpabiliser le droit à la réussite personnelle", en disant que la présence de Tony Blair devant une convention UMP doit pousser les socialistes à "inventer leur modernisation".

Elle est l'opposante "la plus crédible" à Nicolas Sarkozy, talonnée par François Bayrou, dans un sondage Ifop-JDD. Les sympathisants de gauche voient en elle la meilleure candidate au poste de premier secrétaire, avec 4 points d'avance sur Bertrand Delanoë, selon OpinionWay-Figaro-LCI.

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