Société Générale: Michel Sapin appelle à "éviter la politique du bouc émissaire"

Publié le par titof

PARIS (AFP) - Michel Sapin, secrétaire national du PS à l'Économie et à la Fiscalité, a appelé mardi à "éviter la politique du bouc-émissaire" dans l'affaire de la Société Générale, soulignant la nécessité de "conforter" la banque "aujourd'hui fragilisée".

"Chacun doit assumer ses responsabilités, les dirigeants de la banque comme tout autre, mais il faut aussi éviter la politique du bouc-émissaire", a déclaré M. Sapin, interrogé sur BFM sur l'opportunité d'une démission du PDG de la Société Générale Daniel Bouton.

Il faut "éviter de parler de cela pour ne pas parler d'autre chose", a-t-il lancé à l'adresse du président de la République Nicolas Sarkozy.

Selon l'ancien ministre des Finances, "le vrai débat c'est à la fois le fonctionnement d'une banque, d'une grande institution, les mécanismes de contrôle interne, les responsabilités des uns et des autres mais c'est surtout, quand on se place au niveau de l'Etat, la régulation des mouvements de capitaux".

M. Sapin a souligné aussi qu'il fallait "essayer de conforter" la Société Générale, aujourd'hui "très fragilisée". "Si conforter veut dire s'allier avec d'autres grands européens ça ne me gène pas profondément", a-t-il dit à propos de rumeurs de rapprochement avec un grand acteur bancaire européen.

M. Sapin a fait valoir que cette solution était préférable à une prise de contrôle par des "fonds souverains dont nul ne connaît exactement les stratégies".

La députée PS Elisabeth Guigou a estimé mardi que "dans l'immédiat il ne faut rien faire qui fragilise la Société Générale" alors qu'on l'interrogeait sur l'opportunité d'une démission rapide de son PDG Daniel Bouton.

"Il faut d'abord savoir exactement ce qui s'est passé et ne pas fragiliser la banque", a estimé Mme Guigou sur France 2.

"Quand toutes les responsabilités auront été établies, alors il faudra tirer toutes les conséquences de ces responsabiltés" mais "dans l'immédiat il ne faut rien faire qui fragilise la Société Générale, évidemment vulnérable à une possible OPA et qui doit réussir son augmentation de capital", a-t-elle insisté.

Elle a également souhaité "un débat au Parlement pour que le Parlement soit complètement informé : est-ce que le trader Jérôme Kerviel a agi seul? Est-ce qu'il y a d'autres pratiques comme ça dans la banque...?".

Il faut "que le gouvernement dise au Parlement ce qu'il sait et que l'on puisse "examiner si les mesures qui ont été prises ont été les bonnes", a jugé l'ancienne ministre de la Justice.

Publié dans Actualités

Commenter cet article