Delanoë accuse Sarkozy de "blesser l'âme de la France"

Publié le par titof

STRASBOURG (Reuters) - Bertrand Delanoë a invité lundi les électeurs à donner une dimension nationale aux élections municipales en attaquant frontalement Nicolas Sarkozy, qu'il a accusé de "blesser l'âme de la France" par ses propos sur l'Afrique ou la laïcité.

"Il ne faut jamais toucher à l'âme de la France", a lancé le maire de Paris qui participait à Strasbourg à un meeting de soutien à Roland Ries, le candidat socialiste aux élections municipales dans la capitale alsacienne.

"Lorsque celui qui parle au nom de la France tient des propos qui donnent de nous tous une image indigne sur nos amis africains dans un horrible discours de Dakar, quand ces propos sont tenus au nom de la France, c'est toute la France qui a mal et c'est toute la France qui n'est pas bien", a-t-il poursuivi.

Le président français avait suscité un certain émoi en laissant entendre, dans un discours prononcé le 26 juillet dans la capitale sénégalaise, que l'Afrique n'était "pas assez entrée dans l'Histoire", qu'elle était immobile, stationnaire.

"Peut-être qu'à l'occasion de ces élections locales, il n'est pas totalement inutile d'inscrire notre réflexion et notre engagement, par notre bulletin de vote, dans un contexte national", a estimé celui qui ne dément ni son intérêt pour la tête du parti socialiste ni les ambitions présidentielles qu'on lui prête.

"Lorsque le président légitime de la France va au Vatican et, parlant des Français dit 'Nous les Chrétiens'. Et les autres? Et ceux qui ne sont pas chrétiens?", s'est encore interrogé Bertrand Delanoë.

"Lorsque la laïcité n'est pas d'abord liberté, lorsque la laïcité n'est pas d'abord respect, lorsque la laïcité n'est plus d'abord égalité, lorsque la laïcité n'est pas l'instrument dans la République du rassemblement, l'âme de la France est aussi blessée", a-t-il ajouté.

Le maire de Paris a opposé l'attitude du chef de l'Etat aux "enjeux de civilisation" qu'il défend dans son programme pour un prochain mandat à Paris.

Cette expression qu'il manie depuis peu en prônant notamment le renforcement des liens intergénérationnels ou intercommunautaires et le développement durable, n'est pas sans rappeler la "politique de civilisation" défendue le 1er janvier par Nicolas Sarkozy qui l'avait empruntée pour l'occasion au philosophe Edgar Morin.

Gilbert Reilhac

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