En difficulté, Nicolas Sarkozy s'efforce de colmater les brèches

Publié le par titof

PARIS (Reuters) - En chute libre dans les sondages et à quelques semaines d'élections municipales qui s'annoncent délicates pour sa majorité, Nicolas Sarkozy retrouve les réflexes de tout chef de l'exécutif en difficulté.

Après les ouvriers d'ArcelorMittal la semaine dernière et une étape dans leur usine de Gandrange, lundi, le président de la République a reçu mercredi des artisans taxis, des salariés de l'usine Kléber de Toul menacée de fermeture, des buralistes.

En attendant des habitants des cités conviés à venir vendredi à l'Élysée l'écouter présenter le plan préparé par la secrétaire d'État à la Ville, Fadela Amara, pour les banlieues.

Mercredi, un mois après avoir déclaré que les caisses de l'État étaient vides, il avait néanmoins promis aux quelque 610.000 bénéficiaires du minimum vieillesse un à-valoir de 200 euros sur une future revalorisation de leur retraite.

Pour le directeur de BVA Opinion, le chef de l'État s'efforce de "stopper l'hémorragie en renouant avec les formules qui ont fonctionné pendant sa campagne" présidentielle et de "colmater les brèches" ouvertes par une conjoncture économique peu porteuse mais aussi par une série de maladresses.

Jérôme Sainte-Marie classe parmi celles-ci le rapport Attali sur la "libération de la croissance", qui suscite la grogne des parlementaires de l'UMP et l'ire d'une série de professions visées par ses propositions, comme les chauffeurs de taxi.

En renouant avec les accents populaires qui ont fait son succès pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy tente aussi de faire oublier la "séquence berlusconienne" de sa romance avec la chanteuse et ex-top-model Carla Bruni et de ses vacances en Égypte et en Jordanie, estime cet analyste.

Si l'on en croit les premières pages des quotidiens et des hebdomadaires, les "brèches" évoquées par le directeur de BVA Opinion sont béantes.

Tandis que les magazines de "l'actualité heureuse" célèbrent, photos romantiques des nouveaux époux souriants à l'appui le mariage du chef de l'État, les hebdomadaires d'information rivalisent de titres alarmistes.

SÉRÉNITÉ OU EMBARRAS ?

"La déception", proclame L'Express qui accumule une titraille pessimiste sous un portrait de Nicolas Sarkozy grave et songeur : "Pourquoi les Français le lâchent", "l'impasse économique", "panique à droite" ...

Le Point, qui affiche également un portrait du chef de l'État penseur, se penche sur "ce qui cloche", "l'histoire d'un décrochage" et "les gamberges de l'Élysée".

Le Nouvel Observateur fait dans l'allusion ironique : "Le président qui fait pschitt", avec photo de Nicolas et Carla Sarkozy main dans la main, au pied du perron de l'Élysée.

Le président réagit "de manière très sereine" à sa brutale baisse de popularité dans les sondages, assure le porte-parole de l'Élysée, David Martinon. "Il a cinq ans devant lui pour faire les réformes qu'il a proposées aux Français, qui lui ont donné un mandat très clair et il a suffisamment d'expérience pour savoir que la vie politique est faite de cycles."

Selon son entourage, Nicolas Sarkozy n'a de cesse d'exhorter ses troupes au "sang-froid", comme il l'a fait mercredi lors d'un déjeuner avec 11 candidats de l'UMP aux élections municipales dans un restaurant du VIIe arrondissement de Paris.

"Il leur a dit ce qu'il dit à tous ses interlocuteurs : gardez votre sang-froid, travaillez et expliquez les réformes", rapporte un participant.

Selon un familier de l'Élysée, le ton ne semble pas toujours être aussi "serein" et serait plutôt à "l'embarras" dans l'entourage du chef de l'État.

"Il y a une part de coefficient personnel dans la chute de Nicolas Sarkozy dans les sondages, et ce n'est pas le thème le plus facile à développer avec lui", explique cette source.

Selon Le Figaro, le chef de l'État, exaspéré par les commentaires de députés et de ministres, aurait "tapé du poing sur la table", lors du conseil des ministres de mercredi.

"J'écoute, je lis, j'entends tout ce qui se dit. Après les municipales, je prendrai avec sang-froid les décisions qui s'imposent", aurait-il dit, selon ce quotidien.

La version de David Martinon est un peu différente.

"Le président a expliqué qu'il y avait tout lieu d'être confiant, que les réformes sont faites, que les résultats commencent à arriver", a-t-il dit à la presse.

Si l'on en croit le ministre de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, le chef de l'État aurait "simplement dit" qu'il ne fallait pas "commencer à s'inquiéter au moindre tangage".

Pour le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, l'heure est en tout cas venue "de se remettre en ordre de marche" et de "réagir".

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