L'imbroglio continue à Neuilly, Sarkozy appelle ses troupes au "sang-froid"

Publié le par titof

PARIS (AFP) - L'imbroglio continuait mardi à Neuilly, ancien fief de Nicolas Sarkozy, où l'UMP a décidé de soutenir un candidat divers-droite à la mairie face à un responsable local du parti entré en dissidence, obligeant le chef de l'Etat à exhorter ses troupes au "sang-froid".

Evénement

"Les difficultés, il faut les affronter avec sang-froid, avec humilité et continuer à travailler", a lancé à la presse le chef de l'Etat en Guyane, dont le dévissage dans les sondages inquiète son camp à quatre semaines des municipales.

Le psychodrame de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), ville dont l'actuel président fut pendant 19 ans le maire, est depuis ce week-end la dernière mauvaise nouvelle en date pour le pouvoir.

Mardi matin, l'UMP s'est résignée à soutenir le candidat divers-droite Jean-Christophe Fromantin , un chef d'entreprise qui se pose en "sarkozyste".

Plus d'un millier de personnes ont assisté à Neuilly-sur-Seine mardi soir au meeting de Jean-Christophe Fromantin.

Dernier avatar, le fils cadet du chef de l'Etat, Jean Sarkozy, un des protagonistes de la crise, ne figure pas sur la liste de M. Fromantin, a-t-on appris mardi soir de l'entourage de ce dernier.

"La commission nationale d'investiture a décidé d'accorder son soutien à M. Fromantin pour conduire à Neuilly une liste de large rassemblement", a confirmé le secrétaire général Patrick Devedjian à l'issue d'une réunion au QG de l'UMP à Paris.

Il était entouré des principaux acteurs de la crise actuelle, notamment Jean Sarkozy . Mais l'un d'eux, Arnaud Teullé, ancien adjoint de M. Sarkozy à la mairie, brillait par son absence.

Se disant "heureux d'avoir le soutien" de l'UMP, M. Fromantin a indiqué avoir "proposé à l'UMP et au Nouveau Centre de venir (le) rejoindre sur une liste de rassemblement".

Moins d'une heure plus tard, M. Teullé, considéré localement comme le successeur "naturel" de M. Sarkozy à l'hôtel de ville, a annoncé au siège du parti à Neuilly qu'il entrait en dissidence: "Je serai le candidat des Neuilléens".

Après une réunion avec quelques dizaines de partisans, il a assuré que c'était bien sa candidature qui avait été retenue lundi soir, avant que la direction de l'UMP ne prenne une "décision arbitraire". Pour lui, le futur scrutin verra donc "une sorte de primaire" à droite.

D'autant que le Centre national des indépendants (CNI) a décidé de maintenir une troisième liste de droite. Le candidat du MoDem Alexandre Harmand s'en est pris quant à lui à M. Fromantin, l'accusant de s'être "renié" en s'alliant à l'UMP.

Alors que, de l'aveu du chef de file des députés UMP Jean-François Copé, ce psychodrame suscite "des agacements" dans la majorité, François Fillon s'est voulu apaisant. "Le calme va progressivement revenir à Neuilly", a prédit le Premier ministre, saluant "le choix du rassemblement".

La gauche ne s'est pas privée de railler, à l'image du porte-parole du PS Julien Dray, un "roman-photo scabreux" qui "entame plus encore la crédibilité de la majorité".

Lundi, le porte-parole de l'Elysée David Martinon , candidat imposé par Nicolas Sarkozy dans la ville où il avait débuté son ascension, avait annoncé qu'il jetait l'éponge.

Il avait été lâché la veille par ses trois principaux colistiers: Jean Sarkozy, Arnaud Teullé et une autre responsable locale de l'UMP, Marie-Cécile Ménard.

Ce lâchage faisait notamment suite à la révélation par Le Figaro d'un sondage confidentiel, créditant M. Martinon de 40%, derrière M. Fromantin, donné à 45%.

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