Exclusif : le numéro 2 de l'UIMM en garde à vue

Publié le par titof

Après Denis Gautier-Sauvagnac, c'est au tour du numéro 2 de l'UIMM (Union nationale des métiers de la métallurgie) d'être rattrapé par la justice. Ce matin, Dominique de Calan a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade financière. Au terme de cette garde à vue qui peut se prolonger durant 48 heures, il pourrait être mis en examen par le juge Roger Le Loire. La justice recherche toujours les destinataires de 19 millions d'euros qui auraient été retirés en liquide entre 2000 et 2007 sur ordre de Denis Gautier-Sauvagnac, le président de l'UIMM, sur quatre comptes de l'organisation patronale.

Mis en examen le 15 janvier dernier pour « abus de confiance », « recel d'abus de confiance » et « travail dissimulé », Denis Gautier-Sauvagnac s'est obstinément refusé à donner les noms des bénéficiaires des fonds. Expliquant qu'une partie de l'argent a servi à versé des primes à des collaborateurs, il a déclaré sur procès-verbal : « J'ai procédé, comme mon prédécesseur, à des remises de fonds aux représentants des organismes participant à la vie sociale de notre pays ». Une façon d'indiquer sans le dire qu'une part du cash aurait servi à financer des organisations syndicales.

Sera-t-il plus bavard que DGS?

Si cette piste constitue une des priorités des enquêteurs, ceux-ci n'écartent nullement l'hypothèse qu'une part des 19 millions d'euros ait servi à financer des campagnes électorales ou des personnalités politiques. Des investigations ont également été lancées afin de vérifier si ces fonds n'avaient pas servi à l'enrichissement personnel de quelques hauts dirigeants de l'UIMM.
Alors que l'enquête semblait au point mort, le placement en garde à vue de Dominique de Calan est susceptible de relancer les investigations. Agé de 62 ans, le délégué général de l'UIMM qui est aussi le vice-président du conseil national de la formation professionnel, est considéré comme le lien entre l'organisation patronale et le monde syndical et politique. Il y a quelques semaines, dans un entretien au Parisien, Patrick Ciron, un ancien chauffeur de l'UIMM, expliquait : « Dominique de Calan répétait qu'il avait des relations privilégiées avec Force ouvrière et Marc Blondel (ancien secrétaire général de ce syndicat). Dominique de Calan expliquait également qu'il était un interlocuteur incontournable au Conseil régional de Bretagne. De hauts magistrats de la Cour d'appel étaient conviés chaque année par les responsables de l'UIMM pour la journée pour une cérémonie en grande pompe.

»
Reste à savoir si Dominique de Calan se montrera plus bavard devant les enquêteurs que Denis Gautier-Sauvagnac.

Eric Decouty

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