La Fondation Abbé-Pierre dresse la liste des mauvais élèves de la loi SRU

Publié le par titof

A un mois des élections municipales, la Fondation Abbé-Pierre a publié, mercredi 13 février, un palmarès des bons et mauvais élèves en matière de respect de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) de décembre 2000. Pour favoriser la mixité sociale, l'article 55 de cette loi oblige les villes rattachées à une agglomération de plus de 50 000 habitants à atteindre au moins 20 % de logements sociaux d'ici à 2020. Mais, comme le souligne la Fondation, de nombreuses communes ne respectent pas cette obligation. Sur les 720 villes examinées, 60,4 % n'ont pas respecté l'objectif fixé par la loi durant la période 2002-2006 – les chiffres de 2007 n'étant pas encore disponibles. 9,3 % d'entre elles n'ont financé aucun logement social durant ces cinq ans.

"La Fondation Abbé-Pierre tient, par cet acte symbolique, à démontrer la part de responsabilité de certaines communes dans la crise du logement sans précédent que traverse notre pays. A l'heure des bilans de mandats municipaux, les candidats en campagne ne pourront ainsi s'affranchir d'une prise de position claire", explique l'association dans un communiqué.

LES RÉGIONS PACA ET ILE-DE-FRANCE POINTÉES DU DOIGT

736 communes sont soumises à la loi SRU mais la Fondation n'a pu en examiner que 720, "seize ne présentant pas l'ensemble des informations nécessaires à l'analyse". Parmi les vingt-neuf communes de plus de 50 000 habitants concernées, c'est Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) qui arrive en tête des "mauvais élèves". En 2002, cette commune, qui compte 5,5 % de logements sociaux, avait pour objectif d'en construire 1 236 en cinq ans, et n'en a finalement financé que 30 en 2006 ! Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) arrive juste derrière. Avec 2,6 % de logements sociaux en 2002, elle n'a financé en cinq ans que 181 logements sociaux, alors que l'objectif était fixé à 1 324. Parmi les "bons élèves" figurent Versailles (Yvelines) et Paris, qui ont largement dépassé leurs objectifs, la Fondation soulignant cet "effort" "malgré des contraintes environnementales très fortes (...) et sans abuser du recours au logement intermédiaire".

Parmi les villes de 5 000 à 50 000 habitants, le "tableau de déshonneur" va à Allauch (agglomération de Marseille), et au Pian-Médoc (agglomération de Bordeaux), qui n'ont pas financé le moindre logement social. Parmi les "bons élèves" : Francheville (près de Lyon), Saint-Médard-en-Jalles (agglomération de Bordeaux).

Pour les communes de moins de 5 000 habitants, situées à la périphérie de villes importantes, où la tension du marché immobilier est forte, la Fondation dénonce "la situation scandaleuse" de villes comme Saint-Jeannet (Alpes-Maritimes, près de Nice) ou de Barbentane (Bouches-du-Rhône) qui n'ont toujours pas construit un seul logement social depuis cinq ans. Dans cette catégorie, le palmarès souligne la forte représentation des régions PACA et Ile-de-France.

En revanche, les villes de Sangatte (Pas-de-Calais) et Lambres-lez-Douai (Nord) ont largement dépassé leur objectif.

Raphaëlle Besse Desmoulières

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