Le psychodrame des municipales à Neuilly se poursuit à l'UMP

Publié le par titof

 

NEUILLY-SUR-SEINE (AFP) - La direction de l'UMP et Arnaud Teullé, candidat dissident du parti aux municipales de Neuilly, échangeaient samedi accusations et contre-accusations au terme d'une semaine de psychodrame pré-électoral dans l'ancien fief de Nicolas Sarkozy.

Trahisons, ambitions mal contenues, inconscience politique ou décisions prises au vu des seuls sondages: le duel aigre-doux risque en tout cas de plomber encore un peu plus une image que les protagonistes s'accordent à juger atteinte, leur seul point d'entente.

C'est le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian qui a ouvert le feu, accusant Arnaud Teullé, dans un courrier électronique envoyé vendredi aux militants du département, d'avoir prémédité et précipité la sortie de piste de David Martinon, candidat imposé par le président de la République soi-même, au risque de compromettre la campagne nationale pour les municipales.

"Arnaud Teullé, dans le plus grand secret, a fait réaliser un sondage destiné à démontrer que la campagne était vouée à l'échec, et à comparer sa propre popularité avec celle de David, dont il était pourtant censé être le principal soutien", assure M. Devedjian, par ailleurs patron de l'UMP départementale.

Le sous-entendu semblant être que M. Teullé avait lui-même "fuité" le sondage dans Le Figaro du samedi 9 février... Et d'enfoncer le clou en affirmant qu'il avait lâché dès le lendemain le candidat officiel alors qu'il était "évidemment informé" que David Martinon "s'était engagé à se retirer".

Au passage, le patron de l'UMP égratigne le fils du président, Jean Sarkozy, qui a participé au lâchage du porte-parole de l'Elysée mais n'a pas rejoint M. Teullé en dissidence, pour avoir, avec les autres putschistes, donné du parti une "image désastreuse".

Et de justifier l'extraordinaire retournement de situation qui a vu le parti du président renoncer à présenter un candidat dans la ville dont Nicolas Sarkozy fut le maire pendant 19 ans, par les résultats d'un nouveau sondage réalisé le lundi et donnant gagnant Jean-Christophe Fromantin, le divers-droite derrière lequel s'est finalement rangée l'UMP.

"Je ne peux imaginer, ne serait-ce qu'une seconde, que l'UMP subisse dès le premier tour un échec dans la ville de Nicolas Sarkozy, avec des conséquences considérables sur la dynamique du second tour dans la France entière", souligne avec candeur M. Devedjian, en précisant que cette solution avait été décidée "en accord avec le président de la République".

Tout faux, répond le candidat dissident, "suspendu" de l'UMP. Lui aussi a adressé samedi un mél aux militants dans lequel il assure: "ce courrier (de M. Devedjian) comporte un nombre important de fausses accusations. Je les réfute totalement".

Il se refuse à entrer dans les détails, au motif que "toute polémique supplémentaire dégraderait l'image de la politique et l'image de notre ville".

Mais son entourage complète: démenti sur "toute la ligne". Pas de commande ou de fuite de sondage, pas prévenu que Martinon allait se retirer, investiture promise le lundi soir lors d'une réunion avec Patrick Devedjian et les autres protagonistes...

Arnaud Teullé, longtemps considéré comme le successeur naturel de Nicolas Sarkozy à la mairie avant de devoir s'écarter devant le parachutage de David Martinon, dit maintenant s'en remettre aux militants, "seuls juges de (sa) loyauté et de (sa) fidélité à l'égard de notre mouvement, du président de la République, de notre ville".

Un sondage (Ifop-Fiducial), à paraître dans le Journal du Dimanche, donne en tout cas M. Fromantin victorieux dès le premier tour avec 60% des voix, contre 21% pour M. Teullé.

La droite la plus bête du monde.

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