Les rebelles touaregs accusent la France d'"ingérence" au Niger

Publié le par titof

NIAMEY (Reuters) - Les rebelles touaregs du Mouvement des Nigériens pour la justice ont accusé la France de "soutenir militairement" l'armée gouvernementale dans le Nord, une allégation aussitôt réfutée par un officier supérieur nigérien à Niamey.

Dans un communiqué mis en ligne sur son site internet (www.m-n-j.blogspot.com), le MNJ fait état de la présence de "plusieurs officiers français" à Agadez, au centre géographique du Niger et porte du désert du Ténéré, pour former les forces armées nationales dans divers domaines, "tout en leur fournissant des moyens matériels".

"Nous condamnons toute ingérence de la France dans un conflit qui concerne les Nigériens", estime le MNJ. "(...) Toute présence militaire française est considérée comme illicite par le MNJ"", ajoutent les rebelles, qui refusent de permettre "à la France de faire ce qu'elle a fait au Tchad en invoquant un éventuel accord 'logistique'".

Un officier supérieur de l'armée nigérienne, qui a requis l'anonymat, a reconnu devant à Reuters que l'armée gouvernementale recevait une formation, du matériel et un soutien logistique de Paris aux termes d'un accord de coopération militaire.

Mais il a nié un quelconque rôle direct de l'armée française dans les affrontements opposant les soldats nigériens aux hommes du MNJ, qui se bat pour une autonomie accrue de la région Nord et un meilleur partage de ses richesses, et notamment de son uranium exploité par la France.

Le gouvernement central refuse pour sa part de traiter avec le MNJ, traité de "ramassis de bandits et de trafiquants d'armes et de drogue".

"Qui a vu des troupes françaises en train de combattre aux côtés de troupes nigériennes ? Les bandits armés ne savent plus quoi inventer", a déclaré l'officier anonyme.

"Le MNJ est bel et bien un groupe de bandits armés et qu'il faut traiter comme tel. Nous n'avons pas besoin d'une armée étrangère pour cela", a-t-il ajouté.

L'an dernier, les rebelles ont tué une cinquantaine de soldats et attaqué des garnisons de l'armée dans la région d'Agadez, riche en uranium.

Sur son site, le MNJ rappelle que le président français Nicolas Sarkozy avait promis, en accédant au pouvoir au printemps 2007, de rompre avec des pratiques néocoloniales du passé. "Mais bien au contraire, c'est une politique de 'retour à l'ordre ancien' qui se pratique", soulignent-ils.

Version française Jean-Loup Fiévet

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