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Désirs D'Avenir Castelnau-Médoc

Je compte sur vous pour imaginer la gauche de demain
grâce à la qualité de nos débats.


 

L'Espoir à gauche, fiers d'être socialistes


Au Congrès de Reims, une puissante force de proposition et de rénovation s'est mise en mouvement. Notre motion, "l'Espoir à gauche, fiers d'être socialistes", est arrivée en tête lors du vote sur l'orientation politique, puis notre équipe, autour de Ségolène Royal, a rassemblé la moitié des suffrages militants.

Ensemble, nous avons incarné un espoir de changement, un souffle nouveau qui n'a aucune raison de retomber une fois le congrès passé. Les très nombreux militants socialistes, les femmes et les hommes de gauche, qui nous ont fait confiance ne nous le pardonneraient pas. Ils attendent désormais de nous que nous maintenions et renforcions la volonté d'une transformation en profondeur du socialisme français, de sa doctrine, de son projet, de ses pratiques.

Nous avons donc le devoir d'inscrire notre action dans la durée. Renforcer les liens qui nous unissent, mutualiser nos pratiques, approfondir nos réflexions : telles sont les tâches auxquelles nous allons désormais nous consacrer. Ce site est celui de toutes celles et de tous ceux qui veulent, avec nous, mener à bien ce travail.

http://www.espoir-a-gauche.fr/

Histoire

Mercredi 4 juillet 2007

Du congrès de Tours à la fin de sa vie, le leader de la SFIO est demeuré un partisan du régime parlementaire. Cependant, pour l’ancien président du Conseil, si la responsabilité du pouvoir est une nécessité liée au suffrage universel, l’action du Parti socialiste ne saurait être limitée à cet objectif.

Dans une conférence prononcée en mai 1947, devant les élèves de l’École normale supérieure, Léon Blum rappelle la distinction établie dans les années 1920 entre exercice, conquête et occupation du pouvoir. Il voit dans l’exercice du pouvoir par le Parti socialiste une conséquence directe de l’acceptation du suffrage universel. Il abandonne à cette occasion deux dogmes du marxisme. L’État n’est pas l’expression de la classe dominante. Il est transformé par la pratique du suffrage universel, et la démocratie permet le développement des organisations politiques de gauche. Il n’y a pas de croissance inévitable des antagonismes de classe. Ce qui est peut-être la dernière pensée de Blum se résume dans ces phrases qu’il prononce alors : « Dès que le groupe parlementaire du Parti devient une majorité, il est condamné à exercer le pouvoir. Que cela soit difficile ou non, l’obligation pour lui est la même, et il ne pourra l’éluder qu’en répudiant la notion d’action politique. »

Soutien sans participation

Dans les années 20, il apparaît toutefois que Blum, leader incontesté de la SFIO, l’a tenue volontairement à l’écart du pouvoir. Il s’élève clairement contre la participation à un gouvernement radical. Et se dit partisan du soutien, sans participation, au moment du Cartel des gauches, en 1924. « J’ai joué, déclare-t-il lors du procès de Riom, un rôle un peu singulier dans la vie publique, en ce sens que je n’ai jamais recherché le pouvoir, que j’ai même mis à m’en écarter autant d’application et de soin que d’autres pouvaient mettre à s’en rapprocher et que j’en ai détourné mon parti aussi longtemps que cela m’a paru possible. »

Pour les socialistes, cette période apparaît comme une période de reconstruction, après la scission de Tours, en 1920. La tension est toujours palpable entre la direction du Parti et le groupe parlementaire. L’heure est à la concurrence avec le nouveau Parti communiste.L’important alors est que les socialistes n’apparaissent pas infidèles à l’idéologie traditionnelle de la gauche, dont le marxisme. En 1929, c’est en le justifiant ainsi que Léon Blum refuse l’abolition du dogme de la dictature du prolétariat. Les années 20 revêtent aussi une spécificité par l’importance des questions internationales dans la vie politique française. La recherche d’une réconciliation entre la France et l’Allemagne en est une dominante. Léon Blum privilégie donc une entente avec les radicaux face à une Union nationale revancharde.

Pas de légalisme excessif

Du congrès de Tours à la fin de sa vie,Blum demeure un partisan du régime parlementaire. À Tours, il défend l’action des socialistes élus à la Chambre des députés. En 1934, la position est la même face à la réforme Tardieu. Contre De Gaulle enfin, Léon Blum réagit. Suite au discours de Bayeux (16 juin 1946) dans lequel le général expose ses idées constitutionnelles, il dénonce la menace d’instauration d’une monarchie non héréditaire, que contiennent ces projets. Si l’exercice du pouvoir apparaît comme une nécessité du fait de la défense du régime parlementaire et de la pratique du suffrage universel, l’action des socialistes n’est pourtant pas enfermée dans l’action parlementaire.

Le 6 février 1934, alors que les factieux marchent vers le Palais-Bourbon, Blum prononce à la tribune de la Chambre des députés un vibrant discours appelant à combattre le fascisme, y compris dans la rue et par des actions illégales. Cet exemple fort confirme que le leader de la gauche n’est pas embarrassé par un légalisme excessif. En juin 36, face aux occupations d’usines, il refuse d’accéder aux demandes de la droite et du patronat, qui souhaitent un renfort de l’armée pour faire respecter le droit de propriété. En mai 1947, il revient sur ce que devrait être l’exercice du pouvoir par les socialistes : « Il faut donner l’impression, le sentiment, que les intérêts collectifs de la Nation sont aussi bien placés dans les mains du Parti socialiste que dans n’importe quelles autres mains. En même temps, il faut donner au pays tout entier, et tout spécialement à la classe ouvrière, le sentiment qu’il se produit un événement à part, le sentiment que les choses vont se passer autrement que si n’importe quel autre parti exerçait le pouvoir. Il faut accélérer le
rythme de l’évolution. »

Jean-Marcel Bichat, d’après une communication de Robert Verdier, Colloques de la commission Histoire et mémoire du parti, 1996

Note personnelle

Nouvelle rubrique, de temps en temps, nous referons l’histoire, la grande comme la petite. J’attends vos suggestions merci, et surtout n’hésitez pas à laisser vos commentaires.

 

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Vendredi 6 juillet 2007

Les discours de politique générale sont un exercice obligé pour les Premiers ministres sous la Ve République. Suivis par un vote de confiance de la majorité, ils traduisent les orientations idéologiques du gouvernement. Analyse de Jean-Marcel Bichat, délégué national PS à l’Histoire.

Quand la déclaration de politique générale fut-elle pratiquée pour la première fois sous la Ve République ?

En janvier 1959, le discours de Michel Debré souligne le bienfondé des nouvelles institutions et fait de la présence et de l’autorité du général de Gaulle les conditions préliminaires de toute action politique. Georges Pompidou se soumet au vote sur une déclaration de politique générale, en août puis en décembre 1962, après les élections législatives.

En revanche, il n’y aura de vote solennel sur une déclaration de politique générale ni au lendemain de l’élection présidentielle de 1965,ni même à l’issue des législatives de 1967 avec Pompidou. Pas plus qu’au terme des législatives de juin 1968 avec Maurice Couve de Murville.Ce dernier se félicitera pourtant de l’ampleur de sa majorité, véritable « Chambre introuvable » pour reprendre l’expression de Louis XVIII, en 1815, surpris de trouver une Chambre réactionnaire, cléricale et ultraroyaliste.

Pourtant, l’article 49-1 de la Constitution(1) fait de cet exercice une obligation. Quand Georges Pompidou ou Maurice Couve de Murville négligent de solliciter la confiance de l’Assemblée,n’est-ce pas vouloir manifeste qu’ils ne tiendraient leur légitimité que du seul président de la République ?

À partir de 1962, le vote de confiance sur le programme du gouvernement devient facultatif et le principe de la responsabilité du Premier ministre devant le président est consacré, en marge du texte constitutionnel, par l’usage. C’est incontestablement une lecture présidentialiste de la Constitution. Elle se confirme en mai 1972, avec la démission de Jacques Chaban-Delmas, quelques jours seulement après qu’il a obtenu la confiance de l’Assemblée.

Il faut attendre les élections de mars 1973 pour voir un Premier ministre s’astreindre de nouveau à une déclaration de politique générale…

Auparavant, Jacques Chaban- Delmas avait contesté la lecture présidentialiste de la Constitution et voulu réhabiliter le Parlement. Mais son projet de « Nouvelle société » déplait au président. Son successeur, Pierre Messmer, débute son discours en soulignant le rôle prédominant du chef de l’État et ne se soumet au vote de l’Assemblée qu’en avril 1973, au lendemain des législatives.

L’interprétation gaulliste de la Constitution place Jacques Chirac dans une situation délicate en 1986 :son intervention à l’Assemblée suit la lecture d’un message de François Mitterrand qui livre aux députés sa propre analyse des institutions et de la répartition des compétences entre le président et son Premier ministre : « La Constitution, rien que la Constitution, toute la Constitution. »

En 1981, en insistant sur les questions liées à l’économie et à l’emploi, Pierre Mauroy introduit une nouveauté dans l’exercice de ce discours, qui influencera ses successeurs…

À cette occasion, Pierre Mauroy présente également les grandes réformes structurelles de la gauche et s’applique, en avril 1983 à défendre son bilan. Il introduit aussi une dimension militante, absente jusqu’ici. En juillet 1984, le discours de Laurent Fabius renforce l’engagement personnel du Premier ministre.

En 1988, le « nouvel espoir » de Michel Rocard nous fait entrer dans l’ère de la communication politique consensuelle. En juin 2005, on est donc en droit d’attendre de Dominique de Villepin un discours flamboyant. Toutefois, il consacre l’essentiel de son propos à la question de l’emploi, s’en tenant à un catalogue de mesures. De plus en plus consensuel, le discours de politique générale devient ainsi un discours édulcoré.

Propos recueillis par Bruno Tranchant

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