Chers amis, chers camarades,
La France va mal. Elle a besoin de nous. Elle nous attend. Elle nous
appelle, elle nous cherche. Mais elle ne nous trouve pas, elle ne nous reconnaît pas, elle ne nous comprend pas. « Où êtes-vous ? », nous crie-t-elle. Que veut le plus grand parti de gauche ?
Cette attente est un défi, une chance à saisir pour être à la hauteur.
Ne soyons pas les spectateurs du film catastrophe qui se déroule devant nos yeux,
pire que celui que nous redoutions car bien plus rapide et bien plus cynique que nous l’avions imaginé.
Jamais le moral des Français n’a été aussi bas, comme si nous étions
tétanisés par l’implacable travail de sape entrepris par le pouvoir actuel contre notre modèle social. Non, nous
militants socialistes nous n’acceptons pas cela ! Un parti qui se bat pour les citoyens, avec les citoyens, voilà ce que nous voulons, tout de suite, car nous avons une responsabilité immédiate,
immense, incontournable, celle que nous ont confiée nos électeurs : proposer une véritable alternative politique et sociale. Une vision du monde.
Car de quoi s'agit-il d'autre après tout que d'avoir une vision d'un
monde meilleur et d'unir tous les courages, toutes les intelligences, tous les savoirs et toutes les bonnes volontés pour le construire?
Lorsque, enfin, se dessinera clairement cette alternative, alors
les mouvements sociaux reprendront courage et vigueur, et pèseront d’autant plus contre ce système qui aujourd'hui se met en place sans rencontrer de résistance.
Nous avons tant attendu ce congrès. Réussissons-le. Les Français
veulent que les idées s'assument franchement, mais que les personnes se respectent. C'est donc pour eux que le congrès de Reims doit être le premier acte de la reconquête idéologique, puis
politique, puis électorale.
Un parti du socialisme d’aujourd’hui, voilà ce que nous voulons
construire. Il s'agit d'une renaissance. Oui, d'une renaissance. C'est toute la gauche qui a besoin de renaître, et cela dépend de vous. De vous seuls.
C’est vous, militants, qui, en novembre prochain, aurez la
responsabilité de décider de son avenir. Lourde responsabilité, car décidant de l'avenir du plus grand Parti de gauche, vous choisirez l'avenir de la gauche, et donc de la France et donc de
l'Europe. Car après 2008, avant la grande échéance de 2012, chaque année, 2009, 2010, 2011, chaque année il y aura une élection.
La vraie nature du Sarkozysme :
De la rupture à la déchirure
Il avait promis la rupture. La France subit une déchirure.
La France de 2008 a le visage des ouvriers de Gandrange à qui le Président de la République a promis monts et
merveilles. Elle a le visage des caissières qui ne veulent pas faire des heures supplémentaires, mais qui aimeraient simplement obtenir leur part des profits faramineux de la grande distribution.
Elle a le visage des enfants dont les parents sont arrêtés à la sortie des écoles, pour être expulsés, après avoir été entassés dans des conditions inhumaines.
Les salaires stagnent, les prix montent, tandis que l'ascenseur
social, lui, descend au sous-sol, comme le dit Djamel Debbouze. Catégories populaires et moyennes, toutes sont
logées à la même enseigne : chacun sait qu’il peut désormais devenir travailleur pauvre ! On veut des augmentations de salaires ? Quelque uns feront des heures supplémentaires à n’en plus finir,
éventuellement les mieux lotis auront droit à un peu d'intéressement.
Les salariés voient leur pouvoir d’achat sérieusement entamé par une
inflation favorable à la grande distribution et un carburant exorbitant. Étrange paradoxe d’une mondialisation où
faire trente kilomètres devient un problème pour des millions de famille. On aura d’un côté les puissants dans les Falcone et pour les autres la France des voitures au garage. Pendant ce
temps-là, les patrons du Cac 40 voient leurs revenus augmenter de 58% pour la seule année 2007. Le capitalisme des rentiers se porte à merveille tandis que pour les PME toutes les
portes sont verrouillées.
Lorsque le 8 janvier 2008, sans aucune vergogne, Nicolas Sarkozy se
justifie en proclamant que les caisses sont vides, sans admettre qu’il est responsable, on voit bien qu’il a fait un choix, jamais encore avoué, mais inscrit dès ses débuts dans l’adoption du
paquet fiscal. Démantèlement de l’État, qu'on veut démettre de ses plus fondamentales missions de service public, démantèlement de la Sécurité sociale, du droit à la retraite, de la durée légale
du travail, du Code du Travail, de l’Éducation, des médias et de l’audiovisuel public, de la justice, de la laïcité, abandon des banlieues… Tout y passe !
L’économie est exsangue ? Demain, de nouveaux déficits justifieront
de nouvelles régressions.
La politique de Nicolas Sarkozy dévoie jusqu'à l’idée de changement,
la transformant en stratégie d’écrasement des résistances sociales, de nivellement par le bas. C’est une stratégie brutale d’affrontement de classes et de division au sein même de chaque
catégorie. C’est une politique archaïque masquée par les lunettes de la modernité branchée, un mélange inquiétant de
Silvio Berlusconi et de Doc Gynéco, avec une montre de 50 000 euros au poignet. Et on s’en vante !
Il faut comprendre le caractère particulier, destructeur, implacable
du sarkozysme. C’est un système de pouvoir très spécial, qui repose sur la concentration et la fusion des intérêts
politiques, financiers et médiatiques d’une nouvelle aristocratie. Celle du nouveau capitalisme.
Le clan des affairistes, qui, le fameux soir du Fouquet’s, a fêté sa
victoire et célébré son pacte avec le nouveau chef, a déjà reçu le prix de sa connivence : le bouclier fiscal (ils ont tous reçu le chèque), la publicité volée au service public pour renflouer
les chaînes privées, et à l’horizon la privatisation d’EDF et d’Areva.
La vraie nature du sarkozysme, c’est une droite dure, encore en campagne, déjà en campagne, toujours en campagne
idéologique pour défaire la gauche sur tous les terrains. C’est elle aujourd'hui qui pose les termes du débat et qui s’empare de nos symboles et de nos valeurs pour mieux les
détourner. Mais nous ne voulons pas que les valeurs du socialisme soient défaites. C'est pour cela que nous nous battrons.
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