35 heures: le gouvernement va passer outre l'avertissement de la CGT et de la CFDT

Publié le par titof

PARIS - Le gouvernement a décidé de passer outre l'avertissement de la CFDT et de la CGT sur les 35 heures. Xavier Bertrand a annoncé mercredi dans "Les Echos" que la loi permettra aux partenaires sociaux dans les entreprises de négocier l'aménagement du temps de travail au-delà du simple dépassement du contingent d'heures supplémentaires.

"Nous avions prévenu les partenaires sociaux que nous irions plus loin et aujourd'hui, nous l'assumons pleinement en le faisant dans une clarté totale", répond le ministre du Travail dans un entretien au journal "Les Echos" de mercredi. Le ministre estime que les partenaires sociaux n'ont "visiblement (...) pas voulu se saisir" du sujet du temps de travail.

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a dénoncé "un affront ou un défi, en tout cas une provocation". "Le gouvernement choisit de s'affronter à la CFDT et la CGT, qui plus est sur un sujet identitaire pour la CFDT, celui du temps de travail. Il organise la fin des 35 heures dans la réalité", estime-t-il dans un entretien publié jeudi sur lemonde.fr.

En conséquence, "l'élargissement de la mobilisation sur les retraites à la question du temps de travail est clairement posé", déclare-t-il, prévenant que "le gouvernement nous amène à réagir simultanément sur le temps de travail et les retraites. Cela nous entraîne dans une mobilisation globalisante, ce contre quoi j'ai toujours résisté y compris dans la CFDT".

Dans une mise en garde commune adressée au gouvernement lundi, François Chérèque et le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault rappelaient que la position commune négociée en avril entre les partenaires sociaux permettait "à titre expérimental de dépasser le contingent conventionnel d'heures supplémentaires", et que cela excluait "toute autre disposition". Ils prévenaient que le non-respect de cette règle et "l'adoption en catimini" de "mesures de déréglementation" ouvrirait "une nouvelle période dans les relations sociales".

Le projet de loi sur la "démocratie sociale", transposant la position commune, "fera une large place à la négociation dans l'entreprise et à la simplification, notamment sur les contingents d'heures supplémentaires et les repos compensateurs qui pourront être fixés librement", affirme Xavier Bertrand.

"L'aménagement du temps de travail sur tout ou partie de l'année comme les forfaits en jours ou en heures pourront être négociés plus facilement dans les entreprises", souligne-t-il. "En l'absence d'accord, le cadre réglementaire s'appliquera".

Le Parti socialiste a réagi en dénonçant "avec force" le "contenu de l'avant-projet de loi sur la démocratie sociale que vient de présenter Xavier Bertrand".

"Il est inacceptable que le gouvernement se permette de dénaturer le texte de la position commune des partenaires sociaux sur la représentativité et la durée du travail, ce à quoi s'opposent l'ensemble des organisations syndicales, au mépris des grandes déclarations du Président de la République sur le respect des accords collectifs", a commenté le PS dans un communiqué. Les socialistes s'opposeront "totalement à toute nouvelle remise en cause de la durée du travail".

Nicolas Sarkozy "a menti en disant la main sur le coeur qu'il ne toucherait pas à la durée légale du travail en France", a accusé le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault. "Au point où les choses vont, il n'y aura plus de protection des salariés et il y aura une très grande disparité d'une entreprise à une autre".

La semaine dernière, le chef de l'Etat avait désavoué le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian, qui avait demandé "le démantèlement définitif du dispositif des 35 heures".

Les députés UMP saluaient mercredi la position de Xavier Bertrand. "Tout cela va exactement dans le bon sens", a déclaré leur président Jean-François Copé, y voyant "une nouvelle illustration" du "rôle d'aiguillon" du parti majoritaire. AP

Un mensonge de plus de la part d’un président incompétent et ignare, combien de temps va encore durer cette mascarade, d’autant que les mois à venir vont être pires que ce que l’on à vécu jusqu'à maintenant. Il n’y a plus de pilote au sommet de l’état, et ce sont les français qui en font encore les frais….affligeant.

A bon entendeur…

Christophe

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