Les transgressions du Président Sarkozy 2/2

Publié le par titof

5. Rapports avec les religions et l’esprit républicain

Là encore, la transgression est de taille pour un sujet généralement consensuel dans la société française. La tradition française (depuis la Révolution française) a fait du citoyen l’élément unique et égal de la communauté nationale. Aucune distinction ne peut se faire hors son mérite personnel, hors ce qu’il réalise.

Déjà place Beauvau en structurant les musulmans de France, Nicolas Sarkozy allait à l’encontre de cette idée. Il préfère la commode société communautariste : chacun détermine quelle est sa communauté (mais définie comment ? religieusement, ethniquement, sexuellement ?), et chaque communauté a ses droits et ses devoirs.

Encore une fois, une idée très anglo-saxonne qui a cependant bien fonctionné pour construire l’Afrique du Sud d’après-Apartheid. Mais le modèle américain est lui-même essoufflé.

Sur ce registre, Nicolas Sarkozy suit ses propres intuitions et convictions. Sa pensée (que je réprouve ici) est cohérente, permanente et logique.

6. Relations internationales

Là, il est un peu difficile d’avoir une idée claire de la politique étrangère tant celle-ci est brouillonne et inaudible. Beaucoup d’initiatives (Europe-Méditerranée, Libye, Traité de Lisbonne etc.), à l’image du personnage. Mais qui suscitent beaucoup d’agacement auprès de ses homologues (notamment de la part d’Angela Merkel).

Un discours ambigu entre le candidat défenseur des Droits de l’homme, de la liberté en Tchétchénie, de la fin des rapports franco-africains hasardeux, et le Président du discours de Dakar, de l’amitié avec Poutine, de la realpolitik avec la Chine etc.

Globalement, il ressort de sa politique étrangère une forte teinte à la fois de realpolitik (son action en tant que Président du Conseil européen à propos du conflit en Ossétie du Sud va être à ce titre intéressante à suivre), et d’atlantisme à peine voilé.

7. La sécurité

Certainement que les plus grandes transgressions sont dans le domaine sécuritaire et qu’elles renforcent la tendance déjà forte de l’histoire post-attentat du 11 septembre 2001.

La création du fichier Edvige, la volonté d’un traçage ADN généralisé, le regroupement familial facilité par l’empreinte génétique, le quota d’expulsions, la rétention de sûreté et la remise en cause de la présomption d’innocence, les statistiques ethniques… tous ces sujets, déjà largement discutés et à peine freinés par le Conseil Constitutionnel, ne sont que des éléments de transgression qui traduisent des valeurs très différentes du consensus républicain généralement établi depuis la Libération (rappelons par exemple que Jacques Chirac avait voté en faveur de l’abolition de la peine de mort en 1981).
Transgresser… un comportement d’adolescent ?

Les transgressions sont d’autant plus nombreuses que Nicolas Sarkozy en est fier en se disant que plus rien n’est tabou. Or, il ne s’agit pas de tabou mais de principes fondateurs d’une société, et pour évoluer, pour se développer, une société doit être stable, doit avoir des bases durables.

Les déstabilisations incessantes amusent Nicolas Sarkozy mais condamne le pays.
Est-ce la volonté délibérée de vérifier son pouvoir de prince que par simple ordre personnel, il puisse changer un élément de la société ? Ou plus simplement, n’est-ce que ce désir plutôt positif en soi de vouloir agir et agir sans arrêt (55 lois pour la première année parlementaire de son quinquennat, un record) ?

Toutefois, « transgression et système de valeur vont de paire et ne se conçoivent pas l’un sans l’autre : lorsqu’on transgresse, c’est toujours par rapport à un système de valeur donné, que l’on tend alors à dépasser ponctuellement et auquel, par là même, on est amené à se référer. Paradoxalement, l’acte transgressif affirme donc l’existence de ces principes moraux et de ces règles de conduite qu’il prétend remettre en cause. »

(Wikipédia).
Juger la politique et pas l’homme

Il faut faire des nuances dans l’analyse de l’action présidentielle.

La marque personnelle de Nicolas Sarkozy est sans doute plus forte que celle de ses prédécesseurs.

Autant son dynamisme et sa boulimie politique peuvent être critiquables, ils n’en sont pas moins des éléments respectables, du moins autant que les silences de Sphinx d’un François Mitterrand terré dans l’indécision et l’incertitude (ou la maladie).

Certaines réformes (comme celles des retraites ou des universités) étaient nécessaires. D’autres ont été faites à la va-vite et sans réflexion ni concertation.

Ce qu’il faut juger, et les prochaines élections nationales de 2012 seront là pour cela, ce sont les faits, pas la manière. La politique engagée depuis 2007 et son bilan. Sur l’emploi, l’économie, les systèmes sociaux.

De transgression à régression, il y a un petit pas, le même que pour atteindre la progression.
Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 août 2008)

LA SOURCE

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G
Je pleure quand je vois l'état de notre si belle nation ... purée encore 4 ans !!!
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