Martin Hirsch admet être «instrumentalisé» en étant au gouvernement

Publié le par titof

Il assume cependant ce rôle de caution, espérant être «utile» «quel que soit le contexte.»

Le Haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, a reconnu aujourd’hui sur France Culture que sa présence au sein du gouvernement était «instrumentalisée», tout en saluant le «pragmatisme» du chef de l'Etat.

«Bien sûr qu'il y a des tas de choses qui m'échappent. Est-ce qu'on est instrumentalisé ? Bien sûr», a-t-il déclaré, interrogé sur son sentiment de servir éventuellement de caution sociale au gouvernement.

«C'est toujours comme ça», a ajouté Martin Hirsch, disant avoir déjà connu cela comme président d'Emmaüs. «Le raisonnement que j'ai fait- je verrai si j'ai eu raison ou tort - c'est que ce que je pouvais apporter serait utile de toute façon dans les enjeux sociaux et de lutte contre la pauvreté, quel que soit le contexte et les autres mesures» prises par le gouvernement, a-t-il expliqué.

Il a salué le «culte du pragmatisme et du résultat» du président de la République.

A propos des sanctions que veut appliquer Nicolas Sarkozy aux chômeurs refusant «deux offres acceptables» d'emploi, le Haut commissaire s'est dit «à fond pour la logique des droits et devoirs à partir du moment où elle s'applique aux trois catégories d'acteurs», pouvoirs publics, employeurs, employés ou demandeurs d'emploi. Qu'il y ait «un mécanisme qui fasse jouer les droits et les devoirs» ne «me paraît pas choquant à partir du moment où il est réaliste, juste, équilibré», a-t-il précisé.

Selon Martin Hirsch, le «discours de culpabilisation sur les chômeurs et les pauvres» tenu par des responsables politiques a connu «une inflexion» depuis l'élection présidentielle. Il pense avoir eu sur ce thème une influence sur le chef de l'Etat, avec lequel il a dit avoir eu «une discussion de fond» avant sa nomination au gouvernement. Au sujet de l'évaluation des ministres, Martin Hirsch s'est prononcé «résolument pour».

Lui-même va être évalué en fonction du «nombre de personnes qui franchissent le seuil de pauvreté», de «la part des revenus qui augmente grâce au retour au travail» et du «nombre de personnes qui peuvent accéder à des conditions meilleures», a-t-il énuméré.

Selon lui ces «critères» sont «assez cohérents» avec «ce pour quoi (il est) rentré» au gouvernement. «Si des politiques ont échoué jusqu'à présent, c'est notamment parce qu'on refusait de se fixer des objectifs, parce qu'on n'avait pas de méthode d'évaluation», a estimé Martin Hirsch.

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