La parité progresse dans les mairies, mais reste en trompe-l'oeil

Publié le par titof

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PARIS (AFP) -
Grâce à la loi de 2000 qui impose le même nombre d'hommes et de femmes sur les listes municipales des villes de plus de 3.500 habitants, la parité a nettement progressé dans les mairies mais elle reste en trompe-l'oeil, tandis qu'elle est à conquérir dans les conseils généraux.

En imposant les listes "chabada" - un homme, une femme comme dans le film de Claude Lelouch et sa célèbre chanson - aux municipales, la loi a permis de franchir un pas important.

On est ainsi passé de 25,7% de femmes dans les conseils municipaux des villes de plus de 3.500 habitants à 47,4% aujourd'hui.

Bien que la loi ne soit pas obligatoire dans les communes de moins de 3.500 habitants, la parité y a également progressé aux dernières municipales, mais de façon moindre. On est passé de 21% de conseillères municipales en 1995 à 30% en 2001, selon l'Observatoire de la parité.

Toutes communes confondues, on compte aujourd'hui 33% de conseillères municipales.

Toutefois, ces chiffres ne reflètent pas la réalité dès qu'il s'agit des exécutifs municipaux, notamment les postes de maires ou d'adjoints.

Sur les 36.782 maires de France, 10,9% sont des femmes -contre 7,5% en 1995- et c'est dans les plus petites communes qu'elles sont les plus nombreuses à exercer cette responsabilité.

Quant aux structures intercommunales, à peine 5% sont présidées par une femme.

Selon une étude du Sénat, il y avait au 1er février 2005 4.082 communes dirigées par une femme. 2.065 administrent une commune de moins de 500 habitants et 1.274 une commune comprise entre 500 et 3.500 habitants.

Parmi les villes de plus de 30.000 habitants, vingt seulement ont une femme comme premier magistrat, dont six villes de plus de 100.000 habitants (Strasbourg, Montpellier, Lille, Aix-en-Provence, Amiens, Caen). A Paris, 3 maires d'arrondissement sur 20 sont des femmes.

Une situation qui faisait dire en août 2007 à l'Assemblée des femmes de Paris, dans un appel intitulé "des maires à parité" que "la fonction de maire et celle de président de structure intercommunale restent des bastions masculins".

C'est pour remédier, au moins partiellement, à cet état de fait qu'une loi de janvier 2007 rend désormais obligatoire la parité hommes-femmes dans les exécutifs des communes, ainsi que des régions. Dans les communes de plus de 3.500 habitants, il devra y avoir autant d'adjoints femmes que d'adjoints hommes.

En outre, elle impose une stricte alternance homme-femme sur les listes aux municipales. Elle s'appliquait jusqu'ici de façon globale, par groupe de six candidats.

La féminisation des postes de maire dépendra une nouvelle fois des choix des partis. Le PS vise les 25% de têtes de listes féminines dans les 400 villes de plus de 20.000 habitants. Mais selon l'ancienne ministre Yvette Roudy à peine 28 sur 91 ont une chance de l'emporter. Au total, selon l'Observatoire de la parité, 85% des listes devraient être conduites par des hommes.

Aux cantonales, le chemin vers l'égal accès des femmes aux mandats électifs sera encore plus long. Après les scrutins de 2001 et de 2004 on ne compte en effet que 11% de conseillères générales, soit 435 sur un peu plus de 4.000.

Trois départements seulement sur 102 sont dirigés par une femme (Calvados, Haute-Vienne et Réunion) et on compte encore trois assemblées départementales totalement masculines (Hautes-Alpes, Ardèche et Mayotte).

Une tendance lourde qui ne devrait guère évoluer malgré l'obligation faite à chaque candidat de présenter un remplaçant de sexe opposé, à partir de ce scrutin.

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